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Évaluation et tests

Test lever de chaise 30 s : protocole et normes par âge

Par Julien Mazerolle · 25 octobre 2026
Le test de lever de chaise en 30 secondes compte les levers complets réalisés en une demi-minute, bras croisés sur la poitrine, sur une chaise droite sans accoudoirs. Sous 14 levers chez un homme de 60 à 64 ans, ou sous 12 chez une femme du même âge, le score est jugé inférieur à la moyenne et signale un risque de chute. Le seuil baisse avec l’âge, jusqu’à 7 levers chez l’homme et 4 chez la femme de 90 à 94 ans.
Je veux seulement savoir si mon score est correct

Reportez-vous au tableau de la section sur les normes : cherchez votre tranche d’âge, votre sexe, et comparez le nombre de levers complets obtenus en 30 secondes. Un chiffre inférieur à la valeur indiquée est considéré comme inférieur à la moyenne.

Je dois passer le test et je ne sais pas comment faire

Prenez une chaise droite sans accoudoirs, calée contre un mur, un chronomètre et quelqu’un à vos côtés. Le protocole détaillé, avec la règle de comptage, se trouve juste après.

Mon résultat est faible, que faire

Un score bas n’est pas un diagnostic. Il invite à en parler à votre médecin ou à l’éducateur en activité physique adaptée, puis à renforcer les jambes pas à pas, comme décrit dans la section sur la progression.

Le test de lever de chaise en 30 secondes est l’un des moyens les plus simples d’évaluer la force et l’endurance des jambes. Il demande une chaise, un chronomètre et une demi-minute. Son score se lit ensuite dans un tableau de normes par âge et par sexe, établi par les Centers for Disease Control and Prevention américains pour dépister le risque de chute.

Cette page donne le protocole complet, la règle de comptage, le tableau des normes, la lecture d’un mauvais score, et la façon de progresser.

Ce que mesure le test de lever de chaise

Le test évalue la force et l’endurance des muscles des cuisses et des fessiers, ceux qui servent à se lever d’un fauteuil, d’une cuvette ou d’un siège de voiture. Il se passe sans matériel spécialisé, ce qui explique sa place dans les bilans d’activité physique adaptée, à côté du test de marche de 6 minutes.

Il ne mesure pas directement la puissance musculaire : il compte des répétitions, sans chiffrer la force en watts. Il sert donc de repère fonctionnel, pas de mesure de laboratoire.

On l’appelle aussi 30-Second Chair Stand, 30 s CST ou test assis-debout de 30 secondes. Il ne faut pas le confondre avec la chaise au mur, où l’on tient une position de squat contre une paroi : ce test statique mesure une endurance, pas la capacité à se lever.

Infographie : seuils inférieurs à la moyenne au test de lever de chaise de 30 secondes pour quatre tranches d’âge, hommes et femmes
Les seuils baissent avec l’âge : de 14 levers chez l’homme de 60 ans à 7 levers chez celui de 90 ans.

Réaliser le test pas à pas

Le protocole retenu par les CDC tient en six consignes. Il faut une chaise à dossier droit, sans accoudoirs, dont l’assise est à 17 pouces, soit environ 43 centimètres du sol, et un chronomètre.

  1. S’asseoir au milieu de la chaise.
  2. Croiser les mains sur les épaules opposées, aux poignets.
  3. Garder les pieds à plat sur le sol.
  4. Garder le dos droit et les bras contre la poitrine.
  5. Au signal, se lever complètement puis se rasseoir.
  6. Répéter pendant 30 secondes.

Posez la chaise contre un mur pour qu’elle ne glisse pas. Une personne se tient debout à côté de vous pendant l’épreuve, par sécurité. Lancez le chronomètre au mot « partez » et arrêtez-le à 30 secondes exactement.

Infographie : les cinq étapes du test de lever de chaise en 30 secondes, de la chaise calée contre le mur au comptage
Cinq étapes encadrent le test : chaise, position, départ, 30 secondes, comptage.

Comment compter les répétitions

On compte chaque fois que la personne atteint la position debout complète. La règle des CDC est précise : si, à la fin des 30 secondes, la personne est déjà plus qu’à mi-chemin de la position debout, le lever compte.

Une règle d’arrêt s’y ajoute. Si la personne doit s’aider de ses bras pour se lever, on arrête le test et on note zéro, pour le nombre comme pour le score. Les bras croisés ne sont donc pas un détail : ils empêchent de pousser sur les genoux ou sur l’assise.

Situation Décision
Debout complet avant 30 s Compté
Plus qu’à mi-chemin à la fin des 30 s Compté
Moins qu’à mi-chemin à la fin des 30 s Non compté
Utilisation des bras pour se lever Arrêt du test, score de 0
Règles de comptage du test de lever de chaise de 30 secondes, d’après les CDC.

Les normes par âge et par sexe

Le tableau suivant donne, pour chaque tranche d’âge de 60 à 94 ans, le nombre de levers en dessous duquel le score est considéré comme inférieur à la moyenne. Un score en dessous de ce seuil signale un risque de chute accru.

Âge Hommes Femmes
60-64 ans moins de 14 moins de 12
65-69 ans moins de 12 moins de 11
70-74 ans moins de 12 moins de 10
75-79 ans moins de 11 moins de 10
80-84 ans moins de 10 moins de 9
85-89 ans moins de 8 moins de 8
90-94 ans moins de 7 moins de 4
Scores inférieurs à la moyenne au test de lever de chaise de 30 secondes, par âge et par sexe (CDC, STEADI, 2017).

Quelques lectures utiles se dégagent. Entre 60 et 94 ans, le seuil de l’homme passe de 14 à 7 levers, celui de la femme de 12 à 4. L’écart entre hommes et femmes, de deux levers à 60 ans, disparaît à 85 ans, puis revient en fin de tranche.

Ces seuils sont des repères de dépistage et non des objectifs. Atteindre la norme ne garantit pas l’absence de chute, et la manquer ne la condamne pas non plus.

Pour lire ces normes CDC par âge, repérez d’abord votre tranche, puis comparez votre nombre de levers en 30 secondes au seuil de la colonne qui vous concerne. Un chiffre égal ou supérieur au seuil est dans la moyenne attendue ; un chiffre inférieur appelle un suivi. La même personne qui passe d’une tranche à la suivante voit donc son seuil baisser, alors que sa force, elle, ne se maintient qu’avec de l’entraînement.

Que signifie un score sous la norme ?

Un score inférieur à la moyenne de sa tranche d’âge indique une force des jambes plus faible que celle de ses pairs, donc un risque de chute plus élevé. Le test sert à repérer ce risque pour agir en amont : renforcement, travail d’équilibre, adaptation du domicile.

Une étude européenne sur la puissance musculaire relative (Alcazar, 2021) a calculé, à partir de ce test, des seuils de faible puissance relative : 2,1 W/kg chez les femmes âgées et 2,6 W/kg chez les hommes âgés. Ce calcul demande la hauteur de la chaise, le poids et la taille, il relève du bilan professionnel.

Pour un usage à la maison, les normes CDC du tableau ci-dessus suffisent : elles ne demandent que de compter les levers en 30 secondes et de situer le résultat dans sa tranche d’âge.

Calculer son écart à la norme

Le tableau des normes dit où se situe le seuil, pas combien de levers il manque. Un calcul simple comble ce vide : on retranche son score du nombre minimal de levers attendu pour son âge et son sexe.

Âge Levers minimum, homme Levers minimum, femme
60-64 ans 14 12
65-69 ans 12 11
70-74 ans 12 10
75-79 ans 11 10
80-84 ans 10 9
85-89 ans 8 8
90-94 ans 7 4
Nombre minimal de levers pour ne pas être sous la moyenne, déduit des seuils des CDC (« moins de 14 » signifie que 14 suffit).

Prenons le calcul sur un cas chiffré : une femme de 72 ans qui réalise 8 levers. Le minimum est de 10, il lui manque donc 2 levers. Or 2 levers correspondent à la différence minimale cliniquement importante : l’objectif est réaliste, il se vise avec huit semaines de renforcement régulier.

À l’inverse, un homme de 67 ans qui réalise 12 levers atteint tout juste le minimum de sa tranche. Il n’a pas d’écart à combler, mais aucune marge non plus : la perte d’un seul lever le ferait passer sous le seuil. Pour lui, le but est d’entretenir.

30 secondes ou cinq levers : quel test choisir ?

Deux variantes cohabitent. Le test de 30 secondes compte les levers en temps limité. Le test de cinq levers, appelé FTSST, chronomètre le temps mis pour se lever cinq fois de suite.

Critère 30 secondes 5 levers (FTSST)
Ce qu’on mesure Nombre de levers en 30 s Temps pour 5 levers
Meilleur résultat Le plus grand nombre Le temps le plus court
Repère d’alerte Moins que la norme d’âge Plus de 15 secondes, repère clinique courant
Hauteur de chaise Environ 43 cm (CDC) 46 à 48 cm selon certains protocoles
Exigence Endurance cardio-respiratoire plus sollicitée Force sur peu de répétitions
Comparaison du test de 30 secondes et du test de cinq levers.

Les deux tests sont fortement corrélés, mais ne mesurent pas exactement la même chose : le test de 30 secondes demande plus d’endurance cardio-respiratoire, celui de cinq levers sollicite davantage la force. Le test statique de la chaise au mur est une troisième famille : on tient la position de squat le plus longtemps possible, avec des repères de coaching autour de 30 secondes pour un niveau débutant, 60 à 90 secondes pour un bon niveau. Il mesure l’endurance locale des cuisses, pas la capacité à se lever d’un siège. Choisissez celui que votre équipe utilise et gardez-le : on compare un résultat au même test, jamais à l’autre.

Hauteur de chaise, bras, chaussures : les paramètres qui faussent

Un test n’a de valeur que s’il se répète à l’identique. La hauteur de l’assise influence la performance : une étude a spécifiquement mesuré son effet chez des personnes âgées vivant à domicile. Une chaise plus basse exige une flexion plus grande des genoux, donc plus de force.

Les erreurs les plus fréquentes sont de s’aider des bras ou de prendre de l’élan avec le tronc. Elles gonflent le score sans refléter la force des jambes.

Infographie : cinq erreurs qui faussent le test de lever de chaise de 30 secondes
Cinq erreurs reviennent : bras, élan, chaise instable, hauteur variable, comptage approximatif.

Ce que le test ne dit pas

Un seul chiffre ne résume ni l’équilibre, ni la marche, ni la peur de tomber. Le test n’évalue que la capacité à se lever d’une chaise, un geste parmi d’autres dans la vie quotidienne.

Ses seuils ne sont pas parfaits non plus. Pour le seuil de faible puissance relative, la sensibilité est de 73,7 % chez les femmes âgées et de 79 % chez les hommes, la spécificité d’environ 86 % chez les femmes. Autrement dit, une personne sur cinq ou sur quatre en difficulté passe à travers le dépistage, et environ une femme sur sept est classée à tort comme fragile.

Le test s’interprète donc avec le reste du bilan : antécédents de chute, douleurs, traitements, force de préhension, marche. Il complète le test de marche de 6 minutes sans le remplacer, et il prend tout son sens quand on le répète à intervalle régulier.

Passer le test chez soi en sécurité

Le test se fait à la maison, à condition de ne pas le faire seul. Demandez à un proche de rester à portée de main, comme dans le protocole des CDC où l’examinateur se tient à côté de la personne.

Arrêtez le test au moindre vertige, douleur dans la poitrine, essoufflement inhabituel ou douleur articulaire vive. Si vous vivez avec une maladie chronique, parlez-en d’abord à votre médecin, surtout en cas d’insuffisance cardiaque ou de douleurs de genou. Vous pouvez noter votre effort avec l’échelle de Borg juste après le test.

Ne cherchez pas le record. Le but est d’obtenir un chiffre honnête, répétable, et de le comparer à votre propre résultat dans quelques semaines. Les conseils pour faire de l’activité physique à la maison complètent ces consignes.

Que faire si l’on ne peut pas faire le test

Certaines personnes ne parviennent pas à se lever sans les mains. Le protocole prévoit alors l’arrêt du test et un score de zéro, ce qui est déjà une information : la force des jambes est insuffisante pour ce mouvement, et un travail progressif s’impose.

Dans ce cas, ne forcez pas. Parlez-en à votre médecin ou à l’enseignant en activité physique adaptée, qui choisira un point de départ plus facile : assise surélevée, appui temporaire des mains, exercices sur chaise. Le test se repassera ensuite, dans le protocole standard, quand le mouvement sera acquis.

Un test impossible n’est pas un échec définitif. Il fixe un point de départ, et le premier lever sans les mains devient lui-même un objectif de progression.

Gagner des répétitions : par où commencer

Le mouvement du test est aussi un exercice : s’asseoir puis se lever. Une étude chez des adultes sédentaires a comparé des séances de 3 séries de 5 répétitions et de 3 séries de 10 répétitions de ce mouvement, trois fois par semaine pendant 8 semaines. Les deux protocoles ont amélioré la structure et la fonction des muscles, contrairement au groupe témoin.

Quel gain faut-il viser ? Des travaux menés auprès de patients arthrosiques retiennent une différence minimale cliniquement importante de 2 répétitions : un résultat qui progresse de 2 levers a une signification réelle, un gain d’un lever reste dans la marge de variation.

Semaine Séries × répétitions Fréquence
1 à 2 3 × 5 levers, mains aux genoux si besoin 3 fois par semaine
3 à 5 3 × 8 levers, bras croisés 3 fois par semaine
6 à 8 3 × 10 levers, bras croisés 3 fois par semaine
Exemple de progression sur 8 semaines, inspiré des séries de 5 à 10 répétitions étudiées chez des adultes sédentaires.

Ce programme est un exemple, pas une prescription : adaptez-le à votre état avec un éducateur en activité physique adaptée. Pour le détail des exercices, consultez le renforcement des jambes après 65 ans ou la progression en trois niveaux pour le genou.

Suivre ses résultats dans un carnet

Un chiffre isolé dit peu, une série de chiffres raconte une tendance. Notez à chaque passage la date, le nombre de levers, la chaise utilisée et la note d’effort ressentie.

Date Levers en 30 s Chaise (hauteur) Effort ressenti Remarque
à remplir à remplir à remplir à remplir vertige, douleur, bras utilisés
à remplir à remplir à remplir à remplir à remplir
à remplir à remplir à remplir à remplir à remplir
Modèle de carnet de suivi à recopier, un passage toutes les quatre semaines.

Refaites le test toutes les quatre semaines, pas plus souvent. Une progression de 2 levers ou plus est un vrai signal, comme décrit plus haut. Apportez le carnet à votre prochain rendez-vous : il pèsera plus qu’un souvenir. Pour situer le test dans un parcours plus large, voyez aussi le réentraînement à l’effort.

Questions fréquentes sur le test de lever de chaise

Combien de levers faut-il faire en 30 secondes à 70 ans ?

À 70-74 ans, le seuil inférieur à la moyenne est de moins de 12 levers pour un homme et de moins de 10 pour une femme. Atteindre ou dépasser ces chiffres est un résultat dans la moyenne ou au-dessus pour la tranche d’âge.

Peut-on utiliser les bras pour se lever ?

Non. Les mains restent croisées sur la poitrine. Si la personne doit s’aider des bras pour se lever, on arrête le test et on note zéro pour le nombre et le score.

Quelle hauteur de chaise utiliser ?

Le protocole des CDC prévoit une assise à 17 pouces, soit environ 43 centimètres, sur une chaise droite sans accoudoirs. L’essentiel est de garder la même chaise d’un test à l’autre.

Un lever à moitié compte-t-il ?

Oui, à une condition : si, à la fin des 30 secondes, la personne est plus qu’à mi-chemin de la position debout, le lever est compté. En deçà, il ne l’est pas.

À quelle fréquence refaire le test ?

Toutes les quatre semaines environ, dans les mêmes conditions. Un gain de 2 levers ou plus est considéré comme cliniquement significatif, un gain d’un seul lever reste dans la marge de variation.

Le test remplace-t-il un bilan médical ?

Non. C’est un repère de dépistage du risque de chute. Un mauvais score invite à consulter, il ne pose pas de diagnostic.

Pour passer à l’action, repérez une chaise stable, calez-la contre un mur, et faites passer le test à quelqu’un de confiance à vos côtés. Notez votre premier chiffre, comparez-le au tableau, puis refaites le test dans quatre semaines après un programme de renforcement simple. Ce premier relevé est le point de départ de tous les suivants.

Source et mise à jour

Centers for Disease Control and Prevention, programme STEADI, « 30-Second Chair Stand » (2017) : matériel, consignes, règle de comptage et scores inférieurs à la moyenne par âge et par sexe.

Julien Mazerolle
Julien Mazerolle

Enseignant en activité physique adaptée — son parcours d'enseignant.