La réadaptation cardiaque est la prise en charge qui suit un événement cardiaque : elle remet le patient à l’effort sous surveillance, lui explique sa maladie et réduit le risque de récidive. Elle fait partie du soin, pas des options de confort.
Réadaptation cardiaque : définition et objectifs
L’Organisation mondiale de la santé la définit comme l’ensemble des activités nécessaires pour influencer favorablement l’évolution de la maladie et assurer au patient une condition physique, mentale et sociale optimale. À court terme, elle vise une récupération physique suffisante, un soutien psychologique et l’éducation du patient et de sa famille. À long terme, elle cherche à prévenir les récidives et les ré-hospitalisations, et à faciliter la reprise du travail.
Rester alité plus de deux ou trois jours affaiblit les muscles et le cœur : le déconditionnement s’installe vite. La réadaptation débute donc dès que le traitement a stabilisé le problème, généralement à l’hôpital.
Qui peut en bénéficier ?
Trois grandes situations ouvrent l’accès, d’après la Société française de cardiologie.
- Les maladies coronaires : syndrome coronarien stabilisé, après angioplastie programmée, angor stable.
- Les suites de chirurgie cardiaque : pontages, chirurgie valvulaire, chirurgie de l’aorte thoracique, préparation à l’opération.
- L’insuffisance cardiaque : longtemps considérée comme une contre-indication, elle est aujourd’hui reconnue comme une bonne indication, avec un gain de capacité d’effort et moins de symptômes.
Pour la dose d’activité de l’insuffisance cardiaque, voyez insuffisance cardiaque et sport.
Ce que contient un programme
Le réentraînement à l’effort est le coeur du programme, guidé par une épreuve d’effort maximale quand elle est possible. Mais il ne vient pas seul. La Société française de cardiologie en décrit six volets.
| Volet | Ce qu’il apporte |
|---|---|
| Réentraînement à l’effort | Séances de vélo, de marche ou de renforcement, dosées sur le test d’effort |
| Facteurs de risque | Alimentation, gestion du stress, activité physique régulière |
| Traitement | Ajusté à l’état du patient et à son mode de vie |
| Éducation thérapeutique | Comprendre la maladie pour améliorer son pronostic |
| Soutien psychologique | Peur rétroactive, perte de confiance, appréhension du quotidien |
| Reprise du travail | Évaluer les limites à l’effort et la faisabilité du même poste |
L’équipe est pluridisciplinaire, du cardiologue au psychologue. Pour la mesure de l’effort pendant les séances, l’échelle de Borg sert de repère.

Hôpital de jour, séjour ou domicile : trois formats
Le même programme peut se dérouler de trois façons. Le choix dépend de l’état du patient, de son éloignement du centre et de son autonomie.
| Format | Principe | Repère relevé |
|---|---|---|
| Hospitalisation de jour | Séances à l’hôpital, retour à domicile le soir | Genève : 6 à 12 semaines, 5 séances par semaine après un événement coronarien |
| Séjour en centre | Hospitalisation complète ou de semaine, du lundi au vendredi | Genève : 3 semaines en stationnaire |
| Domicile | Téléréadaptation encadrée à distance | Proposée par le CHRU de Nancy |

Pour l’insuffisance cardiaque, le programme genevois prévoit 3 séances par semaine, et les manuels MSD donnent 12 semaines en moyenne en ambulatoire.
Les phases, de l’hôpital au retour à la maison
La première phase commence au lit : exercices de respiration, mobilisation des membres, puis assise et premiers pas, signes vitaux surveillés. Quand l’état est stable, la phase active démarre en hospitalisation de jour, de semaine ou en centre de soins de suite et réadaptation, avec un réentraînement progressif et des examens réguliers. Le programme se prolonge à domicile par une activité quotidienne modérée, une pesée régulière et le suivi du traitement.
Après la sortie, la personne retrouve en général son niveau d’activité antérieur au bout d’environ six semaines, d’après les manuels MSD.
Le principe général du réentraînement est détaillé dans réentraînement à l’effort : principe, étapes et suivi, et le test de marche de six minutes sert souvent de point de départ.
Comment l’obtenir
L’entrée dans un programme passe par une prescription médicale, établie par le cardiologue ou le médecin traitant. Le centre évalue ensuite l’aptitude à l’effort, par une séance d’endurance sur vélo ou un test de marche de six minutes, et recense les besoins éducatifs. La Société française de cardiologie estime que 25 à 30 % seulement des patients concernés sont dirigés vers un centre : demandez-la avant la sortie.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la réadaptation cardiaque ?
C’est un programme encadré qui associe réentraînement à l’effort, éducation thérapeutique et suivi psychologique, après un infarctus, une chirurgie cardiaque ou pour une insuffisance cardiaque. Il vise à retrouver une bonne condition physique et à éviter les récidives.
Combien de temps dure une réadaptation cardiaque ?
Cela dépend du centre. Les Hôpitaux universitaires de Genève annoncent 6 à 12 semaines en ambulatoire et 3 semaines en hospitalisation. Les manuels MSD donnent une moyenne de 12 semaines en ambulatoire.
Faut-il une ordonnance pour la réadaptation cardiaque ?
Oui, une prescription médicale est requise, établie par le cardiologue ou le médecin traitant. Le centre fait ensuite une évaluation à l’effort avant d’intégrer le patient au programme.
Peut-on faire de la réadaptation avec une insuffisance cardiaque ?
Oui. Longtemps considérée comme une contre-indication, l’insuffisance cardiaque est aujourd’hui une bonne indication : la réadaptation augmente la capacité d’effort et réduit les symptômes.
Demandez au cardiologue, lors de la prochaine consultation ou avant la sortie d’hôpital, une prescription de réadaptation et l’adresse des centres proches de chez vous. Si la distance est un obstacle, posez aussi la question du programme à domicile.
Société française de cardiologie, « La réadaptation cardiaque : un accompagnement pluriprofessionnel », consulté le 12 octobre 2026. Les durées et formats viennent des pages publiques des Hôpitaux universitaires de Genève, du CHRU de Nancy et des manuels MSD.
Enseignant en activité physique adaptée — son parcours d'enseignant.